Prendre la Porte
Écrit par Cassie Licari & Dominique Houle - 26/05/10
Faire une ou plusieurs fugues, ça veut dire s’enfuir de son domicile. Que ce soit sur un coup de tête ou prémédité (intention planifiée), se sauver de son lieu de résidence signifie un appel à l’aide qui ne doit pas être prit à la légère.
Au Canada, « les cas de fugue représentent plus des trois quarts des signalements [d’enfants disparus] enregistrés » (GRC – RCMP). D’après les statistiques accumulées en 2008,
- Les fugueurs comptent le plus grand nombre de signalements d’enfants disparus, dont 72%;
- Parmi les fugueurs, 57% étaient des filles et 43% des garçons;
- 53% des filles étaient âgées de 14 à 15 ans, 31% de 16 à 17 ans et 2% de moins de 11 ans;
- 46% des garçons étaient âgés de 14 à 15 ans, 36% de 16 à 17 ans et 3% de moins de 11 ans;
- Dans plus de 82% des cas (garçons et filles), il s’agissait de récidive (fait de commettre une action à plus d’une reprise). Seulement 18% n’avait pas d’historique de fugue;
- Dans 30% des cas de disparition signalées, les enfants habitaient le domicile familial et 22% était placés dans une famille d’accueil;
- C’est en Ontario (15 489), en Colombie-Britannique (6 274) et au Québec (5 707) que l’on a signalé le plus grand nombre de cas dans cette catégorie (GRC – RCMP).
Fuguer est un phénomène qui se produit plus souvent chez les jeunes entre 12 à 17 ans (SPVM). Pas étonnant, puisque cette période symbolise l’adolescence. Voilà l’étape de notre vie durant laquelle on se découvre et très certainement, on se manifeste. C’est généralement suite à l’impossibilité d’affronter des problèmes sociaux pouvant être vécus durant l’âge ingrat que les jeunes vont décider de s’échapper de la maison. Par exemple:
- l’abus psychologique et/ou physique;
- des problèmes reliés à l’alcool et/ou aux drogues;
- de la violence familiale;
- le divorce ou les séparations;
- décrochage scolaire;
- etc.
En effet, « des travaux de recherche révèlent que les fugueurs peuvent avoir une faible estime de soi, se sentir négligés et non désirés, montrer des signes de troubles émotionnels et psychologiques et avoir des problèmes à l’école (rendement scolaire, relations et interactions avec les enseignants et les pairs) » (GRC – RCMP). Nous supposons donc que fuguer peut être perçu comme une façon pour les jeunes de « protester contre une situation jugée ou vécue comme insupportable » (Adosurf). En revanche, il est à noter que certains adolescents le font pour goût de l’aventure.
Les fugues peuvent ainsi engendrer « un soulagement pour l’adolescent, soulagement qui très vite [peut s’avérer] être un piège » (Doctissimo). Partir de chez soi, ça veut dire qu’il faut s’occuper de soi-même. Il faut entre autres se loger, se nourrir, s’habiller, sans soutien particulier. N’étant plus sous la “protection” qu’offre le foyer, les fugueurs sont alors plus vulnérables aux réseaux d’activités criminelles (pédophilie, gangs de rue, prostitution, enlèvements etc.).
Au moment où la décision de prendre la fuite est prise, celle-ci peut sembler être une solution potentielle à nos problèmes. Quoi qu’il en soit, on se doit d’essayer de résoudre ces obstacles avant de claquer la porte. Par exemple, se confier à un(e) ami(e) ou préférablement un adulte. Il existe d’autre part des tas d’organisations d’aides pour les jeunes comme Jeunesse, J’écoute et Tel-Jeunes. Toutefois, si fuguer se présente comme l’unique issus de secours, il faut s’informer sur les groupes communautaires tel que GCC la violence et les associations de centre de jeunesse (voir ACJQ) vers qui il est possible d’aller.
